Haïti au Conseil de sécurité : entre discours diplomatique et réalité nationale préoccupante

Haïti au Conseil de sécurité : entre discours diplomatique et réalité nationale préoccupante

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Ce jeudi 23 avril 2026, Haïti était de nouveau au centre des débats au Conseil de sécurité des Nations unies. Plusieurs grandes puissances, dont les États-Unis, la France, la Russie et le Japon, ont unanimement insisté sur la nécessité d’organiser des élections dans les plus brefs délais afin de permettre un retour à l’ordre constitutionnel. Toutefois, ces États ont également été clairs : sans amélioration significative de la sécurité, aucune élection crédible ne pourra être tenue. Dans ce contexte, ils ont renouvelé leur soutien à la mise en place de la Force de répression des gangs, tout en appelant les autorités haïtiennes à poser des actes concrets pour restaurer l’autorité de l’État.

Dans son intervention, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a présenté les trois priorités de son gouvernement : la sécurité, le redressement économique et social, ainsi que l’organisation des élections. Il a affirmé que l’objectif de son administration reste inchangé : restaurer la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques. Le chef du gouvernement a également salué les avancées diplomatiques avec la République dominicaine, qu’il dit basées sur le respect mutuel, avant de conclure son allocution par une note d’espoir : « Haïti se résiste ! Haïti se relève ! Haïti vivra ».

Cependant, au-delà du langage diplomatique et des engagements réitérés sur la scène internationale, la réalité interne du pays continue de susciter de profondes inquiétudes. Depuis l’arrivée de ce gouvernement au pouvoir, la situation sécuritaire ne s’est pas améliorée de manière significative. Au contraire, plusieurs zones du pays sont devenues encore plus instables, marquées par l’expansion des groupes armés, les déplacements massifs de populations et une insécurité généralisée qui paralyse les activités économiques et sociales.

Sur le plan institutionnel, les résultats se font également attendre. Les promesses de redressement économique peinent à se traduire en actions visibles pour la population, tandis que la crise humanitaire s’aggrave dans plusieurs régions. Pour une large partie de l’opinion publique, la gouvernance actuelle donne l’impression d’une gestion dominée par les annonces diplomatiques, mais peu suivie d’effets concrets sur le terrain.

Ainsi, si la prise de parole du Premier ministre au Conseil de sécurité visait à rassurer la communauté internationale et à maintenir l’appui des partenaires d’Haïti, elle contraste fortement avec le quotidien d’un pays où la population continue de vivre dans une instabilité chronique. Entre les attentes internationales de résultats rapides et une réalité nationale de plus en plus complexe, le fossé reste encore profondément visible.

 

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

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