« Que l’on le veuille ou non, les élections se réaliseront cette année. » Par cette déclaration à tonalité autoritaire, le Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, tente d’afficher une image de fermeté dans un pays où l’État peine encore à contrôler plusieurs territoires livrés aux groupes armés.
Le chef du gouvernement assure que « tous les moyens nécessaires » seront mobilisés afin d’organiser des élections « transparentes ». Une promesse qui contraste fortement avec la réalité sécuritaire actuelle, marquée par les déplacements massifs de populations, les attaques armées répétées et l’effondrement progressif de nombreuses institutions publiques.
« Mon gouvernement veut que les élections se réalisent », a insisté le Premier ministre. Mais derrière cette volonté affichée, beaucoup y voient surtout une obligation imposée par la communauté internationale plutôt qu’une réelle dynamique nationale. Car selon plusieurs informations concordantes, les partenaires internationaux auraient fixé une ligne rouge claire : la mission principale de l’équipe dirigée par Alix Didier Fils-Aimé reste l’organisation des élections avant le 7 février 2027.
Autrement dit, l’avenir politique du Premier ministre semble désormais suspendu à sa capacité ou non de livrer un scrutin cette année. Dans certains milieux diplomatiques, le message serait sans ambiguïté : en cas d’échec, Alix Didier Fils-Aimé devra quitter le pouvoir.
Cette pression internationale soulève toutefois une question fondamentale : peut-on réellement organiser des élections crédibles dans un pays où des milliers de citoyens vivent sous la menace permanente des armes ? À vouloir coûte que coûte tenir un calendrier électoral, le pouvoir risque de transformer le scrutin en simple exercice de conformité politique destiné à satisfaire les exigences extérieures.
Pendant ce temps, une partie importante de la population continue de réclamer bien plus qu’un rendez-vous électoral : le rétablissement de la sécurité, de l’autorité de l’État et d’une véritable confiance dans les institutions. Car des élections organisées dans la peur, l’exclusion et l’improvisation pourraient difficilement résoudre la crise profonde qui consume le pays.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




