Examens officiels 2026 : près de 190 000 candidats affrontent les épreuves d’État malgré une crise multidimensionnelle

Examens officiels 2026 : près de 190 000 candidats affrontent les épreuves d’État malgré une crise multidimensionnelle

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Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante, les difficultés économiques et les profondes tensions sociales, près de 190 000 candidats s’apprêtent à franchir une étape décisive de leur parcours scolaire. À partir du 29 juin, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) donnera le coup d’envoi de la première série des examens officiels d’État, qui se déroulera jusqu’au 2 juillet 2026.

Selon les données communiquées par le Bureau national des examens d’État (BUNEXE), 189 849 candidats sont attendus à travers le pays. Parmi eux, 186 748 élèves composeront pour les examens de la 9e Année fondamentale (9e AF), tandis que 2 572 candidats participeront aux épreuves des Écoles normales d’Instituteurs et de Jardinières d’Enfants (ENIJE), et 529 autres à celles des Centres d’Éducation Familiale (CEF).

Les statistiques révèlent également une participation majoritairement féminine : 53,46 % des candidats sont des filles, contre 46,54 % de garçons.

Au-delà des chiffres, cette session d’examens représente un véritable défi pour des milliers de jeunes qui ont poursuivi leur scolarité dans des conditions souvent extrêmement précaires. Nombre d’entre eux ont été confrontés à la fermeture temporaire de leurs écoles, aux déplacements forcés de leurs familles, aux difficultés de transport, à la hausse du coût de la vie et aux violences qui affectent plusieurs régions du pays. Malgré ces obstacles, ils continuent de croire que l’éducation demeure l’un des rares leviers capables de transformer leur avenir.

Pour accueillir les candidats, le MENFP a mobilisé 817 centres d’examen, répartis dans les dix Directions départementales d’éducation, comprenant 6 641 salles.

Les autorités éducatives assurent que toutes les dispositions administratives et logistiques ont été prises afin de garantir le bon déroulement des épreuves. Le ministre de l’Éducation nationale a salué l’engagement des différents partenaires ayant contribué à l’organisation de cette session, tandis que le Programme national de cantines scolaires (PNCS) prévoit la distribution de repas chauds aux candidats ainsi qu’au personnel mobilisé dans les centres d’examen.

Sur le plan sécuritaire, le ministère annonce un renforcement des dispositifs de protection avec le concours de la Police nationale d’Haïti (PNH), des Forces armées d’Haïti (FAd’H) et des autorités judiciaires. Cette mobilisation vise à permettre aux candidats de composer dans un climat aussi serein que possible, malgré les défis sécuritaires qui persistent dans plusieurs zones du pays.

Le MENFP rappelle également que les téléphones portables, les armes ainsi que les calculatrices programmables sont formellement interdits dans les centres d’examen. Toute tentative de fraude entraînera des sanctions sévères, pouvant aller jusqu’à l’exclusion immédiate et l’interdiction de participer aux examens officiels pendant deux ans.

Enfin, le ministère rassure les candidats en précisant que les sujets d’examen sont élaborés conformément aux programmes officiellement enseignés durant l’année scolaire.

Dans une Haïti confrontée à de multiples crises, cette nouvelle session d’examens constitue bien plus qu’une simple évaluation académique. Elle symbolise la résilience de milliers de jeunes qui, malgré les difficultés quotidiennes, continuent de miser sur le savoir comme un instrument d’émancipation et d’espoir pour l’avenir du pays.

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

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