Dans la 12e section communale de Petit-Goâve, la rivière La Digue continue de représenter une menace imminente pour la population. Malgré les drames déjà enregistrés, les autorités étatiques peinent à apporter des réponses concrètes et durables.
Le 29 octobre 2025, la rivière est sortie de son lit avec une violence extrême, causant la mort d’environ 30 personnes. Plus de 1 000 maisons ont été détruites ou endommagées, laissant des centaines de familles sans abri, dont certaines vivent encore aujourd’hui dans des conditions précaires. Ce drame, au-delà de son caractère naturel, révèle une profonde vulnérabilité structurelle et un manque criant d’anticipation.
Pourtant, moins de six mois plus tard, le 3 avril 2026, la rivière La Digue a de nouveau débordé, aggravant la situation déjà critique. Ce nouvel épisode met en évidence l’absence de mesures préventives efficaces pour limiter les risques et protéger les habitants de cette zone à haut risque.
Plus inquiétant encore, l’inaction des autorités centrales, notamment du ministère des Travaux publics, est pointée du doigt. Aucune intervention significative n’a été entreprise pour encadrer la rivière, renforcer les berges ou accompagner les sinistrés. Cette absence de réponse institutionnelle laisse la population livrée à elle-même, exposée à chaque nouvelle crue.
Par ailleurs, les dégâts causés par ces inondations ont rendu la route nationale impraticable, perturbant la circulation et accentuant l’isolement de la région. Une situation qui impacte non seulement les habitants de la zone, mais aussi l’économie locale et les échanges.
Face à cette réalité, une question s’impose : combien de vies faudra-t-il encore perdre avant que des actions concrètes soient enfin entreprises ? La répétition des catastrophes, sans réponse adéquate de l’État, traduit une forme de banalisation du risque et un abandon silencieux de certaines communautés.
Aujourd’hui, les habitants de la 12e section de Petit-Goâve ne demandent pas l’impossible. Ils réclament simplement le droit à la sécurité, à la dignité et à une réelle prise en charge de la part des autorités.
Jean Yourry ATOUT, UNI Fm




