Alors que les cigarettes électroniques continuent de gagner en popularité à travers le monde, une étude récente publiée dans la revue Carcinogenesis confirme ce que de nombreux spécialistes de santé publique redoutaient : le vapotage est probablement cancérogène pour l’homme, et son usage régulier peut entraîner des cancers du poumon et de la cavité buccale.
Les chercheurs précisent que les liquides inhalés, même dépourvus de nicotine, contiennent des composés chimiques nocifs, notamment des métaux lourds issus des résistances chauffantes et des agents aromatisants. Ces substances provoquent un stress oxydatif, des mutations génétiques et une inflammation chronique, des mécanismes biologiques connus pour favoriser la formation de cellules cancéreuses. Les effets sont progressifs et peuvent se manifester des années après l’exposition, rendant le danger souvent invisible aux utilisateurs.
En Haïti, le phénomène prend de l’ampleur. Les cigarettes électroniques se répandent dans les cafés, lors de fêtes ou dans les espaces publics, particulièrement parmi les jeunes adultes. Malgré cette diffusion rapide, aucune régulation stricte n’encadre leur vente ou leur publicité, et les campagnes de sensibilisation restent très limitées. Cette situation expose une partie significative de la population à des risques graves et évitables pour la santé.
Les experts alertent sur la nécessité de mesures urgentes : réguler la vente et la publicité des produits, interdire l’accès aux mineurs, imposer un étiquetage clair et développer des programmes de sensibilisation sur les risques à long terme du vapotage. Ils mettent également en avant l’importance du suivi épidémiologique afin de détecter rapidement l’apparition de maladies liées au vapotage.
L’alerte scientifique est claire : derrière l’apparence moderne et inoffensive des e-cigarettes se cache un risque réel et méconnu, susceptible d’affecter durablement la santé des générations futures en Haïti.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




