Un pays en feu ne se gouverne pas depuis un avion. Il se défend, il se protège, il se relève sur le terrain, aux côtés de son peuple. Tout le reste n’est que mise en scène.
Pendant que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé enchaîne les escales et les rencontres internationales, Haïti, elle, s’enfonce. Chaque déplacement à l’étranger sonne comme une fuite. Chaque photo diplomatique contraste violemment avec les cris étouffés des victimes, laissées sans secours.
Dans l’Artibonite, les massacres deviennent une routine macabre. À Seguin, dans le Sud, des vies sont fauchées dans l’indifférence presque totale de l’État. Des familles entières disparaissent, des survivants errent sans protection, sans réponse, sans espoir. Et au sommet du pouvoir ? Le silence. L’absence. L’évitement.
Ce n’est plus seulement une défaillance. C’est une abdication.
Car enfin, que voit-on ? Un gouvernement qui voyage pendant que le pays saigne. Un chef qui détourne les yeux pendant que les balles pleuvent. Une stratégie qui ressemble de plus en plus à un abandon organisé : laisser tomber les territoires les uns après les autres, céder face aux gangs, normaliser l’horreur.
Depuis l’arrivée de ce pouvoir, tout s’aggrave. L’insécurité explose, l’État recule, la peur s’installe durablement. Et le peuple, lui, étouffe. Il n’en peut plus des promesses vides, des discours creux, des absences répétées.
Gouverner, ce n’est pas survoler la crise. C’est y plonger, s’y confronter, prendre des décisions difficiles, protéger les vies. À force de fuir la réalité, le pouvoir finit par devenir étranger à son propre pays.
Et un Premier ministre qui se bouche les yeux et les oreilles face à la souffrance quotidienne de son peuple n’est plus en train de diriger il est en train de disparaître.
Abdias DENIS
Spécialiste en développement
Philosophe – Politologue
Professeur – Journaliste
Essayiste – Pamphletaire




