Une série de drames révélateurs d’un État défaillant
Le Mouvement des Organisations pour l’Unité Nationale (MOUN) hausse le ton et exige sans détour la démission du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une succession de tragédies insoutenables, notamment le drame survenu à la Citadelle Laferrière, qui a coûté la vie à des dizaines de citoyens, ainsi que le massacre de Jean Denis. Pour le MOUN, ces événements ne sont pas de simples accidents ou dérives isolées, mais les symptômes d’une gouvernance défaillante et profondément irresponsable.
Au-delà de l’émotion suscitée par ces drames, c’est la répétition des tragédies qui alarme. Elle traduit une incapacité chronique de l’État à anticiper, encadrer et protéger. Chaque nouvelle catastrophe vient rappeler l’absence d’un leadership capable d’imposer l’ordre, la prévention et le respect de la vie humaine.
Un abandon inacceptable du patrimoine national
Ce qui choque davantage, c’est l’indifférence manifeste des autorités, une indifférence qui ne se limite pas à la gestion sécuritaire, mais qui s’étend jusqu’au patrimoine national. La Citadelle Laferrière, symbole historique et fierté nationale, n’a même pas bénéficié de l’encadrement minimal qu’exige un site de cette envergure. L’absence de coordination entre les institutions concernées l’ISPAN, le Ministère de la Culture et de la Communication (MCC), les directions départementales, ainsi que la mairie de Milot — illustre un abandon pur et simple des responsabilités de l’État.
Ce laisser-aller est d’autant plus grave qu’il touche un monument emblématique, porteur de mémoire et de dignité nationale. Négliger un tel site, c’est envoyer un signal inquiétant : celui d’un pouvoir qui ne protège ni son peuple ni son histoire, et qui semble avoir renoncé à toute vision de préservation et de valorisation du patrimoine.
Un bilan jugé catastrophique
Pour le MOUN, cette situation est inacceptable. Un gouvernement incapable de protéger ses citoyens et de préserver ses richesses historiques démontre son inaptitude à diriger. Le bilan du Premier ministre est qualifié de catastrophique : expansion des territoires hors de contrôle, multiplication des massacres, gestion opaque des ressources publiques, et dépenses jugées excessives et injustifiées. Pendant que le pays s’enfonce, les priorités du pouvoir semblent déconnectées des réalités urgentes de la population.
À cela s’ajoute un sentiment généralisé d’abandon au sein de la population. L’insécurité gagne du terrain, les institutions s’affaiblissent, et les ressources de l’État semblent se dissiper sans impact concret sur la vie des citoyens. Cette accumulation d’échecs alimente une crise de confiance profonde entre gouvernants et gouvernés.
Un leadership contesté et illégitime
Plus encore, le MOUN estime qu’Alix Didier Fils-Aimé occupe un fauteuil qui ne lui appartient pas. Dès lors, il ne saurait produire de résultats à la hauteur des attentes nationales. Il n’est pas à la hauteur de sa tâche. Sa gouvernance est décrite comme la pire des pires, au point qu’il aurait réussi, à lui seul, à faire ce que l’ensemble des gouvernements précédents réunis n’ont jamais accompli : aggraver simultanément tous les indicateurs de crise du pays.
Cette remise en question de la légitimité du pouvoir renforce le fossé entre dirigeants et population. Lorsqu’un chef de gouvernement est perçu comme illégitime et inefficace, sa capacité à rassembler, décider et agir s’effondre, laissant place à un vide dangereux que d’autres forces ne tardent pas à exploiter.
Un appel à la mobilisation populaire
Face à ce constat accablant, le MOUN appelle à un sursaut national. Il exhorte le peuple haïtien à se lever contre ce qu’il qualifie de régime populicide, accusé d’organiser une véritable hécatombe sociale. Dans un pays où tout semble aller de travers, l’espoir repose désormais sur la mobilisation citoyenne.
Cet appel n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une tradition de luttes populaires où le peuple, confronté à l’inacceptable, finit par imposer le changement. La mobilisation apparaît ainsi comme le dernier recours face à un système jugé sourd et incapable de se réformer de l’intérieur.
Conclusion
L’ heure de la rupture
Le temps des constats est terminé. Le temps de la tolérance aussi. Chaque jour qui passe sous cette gouvernance est un jour de trop, un jour où le pays s’enfonce davantage dans le chaos, la peur et l’indignité. L’inaction n’est plus une erreur : elle est devenue une faute grave contre la nation.
Si rien ne change, c’est tout un peuple que l’on sacrifie sur l’autel de l’incompétence et de l’irresponsabilité. Mais l’histoire d’Haïti n’a jamais été écrite par la résignation. Elle a toujours été forgée dans la résistance.
Le moment approche où la colère ne sera plus contenue, où l’exaspération collective brisera le silence imposé par la peur. Et ce jour-là, il ne suffira plus de discours ou de promesses creuses. Le verdict du peuple sera sans appel.
Car lorsqu’un pouvoir échoue à protéger, à gouverner et à respecter, il perd toute raison d’exister. Et lorsqu’un peuple décide de reprendre son destin en main, rien ni personne ne peut arrêter le cours de son histoire.
Pour le Comité Directeur :
Wilner PIERRE
Coordonateur National
Guerline COMPÈRE
Coordonatrice Adjointe
Abdias DENIS
Porte parole
Fredo PIERRE LOUIS
Délegué




